Alain se souviendra longtemps de ce 16 décembre 2025. Ce jour-là, cet octogénaire est seul chez lui, à La Brosse-Montceaux (Seine-et-Marne), commune limitrophe de l’Yonne. Il fait la vaisselle et s’apprête à partir de chez lui quand deux hommes font irruption dans sa maison.
« Ils avaient une cagoule noire, je ne voyais pas leurs visages. Et ils commencent à me dire ‘Ne bougez pas, c’est la BAC ! On a suivi des voleurs, ils sont rentrés chez vous’ », témoigne auprès du Parisien Alain, quelques jours après les faits.
Les faux policiers refusent de donner leurs papiersTrès surpris par ce qu’il vient d’entendre, le retraité répond qu’il est impossible qu’il n’ait pas remarqué la présence de voleurs chez lui. « J’étais dans le salon et j’ai fermé la porte quelques minutes auparavant. J’allais partir de chez moi », explique Alain, qui devient alors suspicieux. Il demande aux deux intrus leurs cartes de police.
Les deux hommes refusent. « Ils me disent que c’est comme ça et puis c’est tout », poursuit l’octogénaire. La conversation se poursuit. Pendant que l’un des policiers continue d’affirmer à Alain qu’il a été cambriolé, l’autre échange en permanence avec ce qui ressemble à un talkie-walkie.
« Vous avez quoi là-haut ? »« Là, ils me demandent de les suivre pour vérifier où on a pu me voler des choses. Je regarde dans la cuisine, la salle à manger… Je ne vois rien de changé. J’ai un peu d’argent dans un tiroir pour les étrennes mais ce n’est pas grand-chose. Rien n’a bougé », explique celui qui collectionne plusieurs objets anciens chez lui.
Après avoir remarqué que la porte de son salon a été fracturée, Alain est invité par ses deux invités surprise à aller voir à l’étage. « Vous avez quoi là-haut ? », lui demande-t-on. Dans un grenier, Alain entrepose diverses pièces en or et autres objets de valeur. Un des hommes monte d’abord, tandis qu’Alain reste au rez-de-chaussée.
Une fois à l’étage, il voit son bureau et un lit défaits, un tiroir ouvert, un matelas par terre. « Ah, vous voyez ! », lui lance un des soi-disant policiers. Puis l’état des lieux improvisé se poursuit. Et les voleurs touchent au but : les louis d’or et bijoux d’Alain.
À la vue des boîtes, les deux individus demandent à l’homme de descendre chercher du produit à vitre. « Je vais en bas avec un des deux pendant que l’autre reste en haut. Il me dit qu’il doit faire l’inventaire des objets. Et son collègue me fait perdre du temps, en me disant qu’il faut tel torchon et pas un autre… », soupire la victime.
De retour à l’étage, Alain ne comprend plus rien. Ses boîtes ont disparu. « Celui avec son talkie-walkie fait mine d’appeler des collègues à l’extérieur. Il dit que les voleurs ont été interpellés. Pendant ce temps, son collègue passe le produit à vitre partout », poursuit-il.
Pièces d’or, lingot, éventail en ivoire, bijoux…Puis tout s’accélère. De retour dans le salon, Alain est violemment poussé par un des deux voleurs sur son canapé. Les deux hommes prennent la fuite et grimpent dans une voiture. Alain a beau crier « Au voleur ! », il est déjà trop tard. Il vient de se faire cambrioler, presque sous ses yeux. Et le préjudice est immense, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Pièces d’or, lingot, médailles, éventail en ivoire, bijoux… La liste des objets de collection est immense. « Ils ont tout emmené ! », s’attriste Alain, qui a depuis porté plainte. « Depuis lundi, il m’arrive de pleurer en repensant à tout ça. J’avais prévu de transmettre ces objets à mes enfants, voire de les échanger contre de l’argent. Mais là, ce n’est plus possible », souffle-t-il.
Après une venue des policiers à son domicile et des tentatives de relevés d’empreintes, Alain espère que les autorités pourront mettre la main sur ceux qui lui ont dérobé tous ses trésors. Il aurait bien aimé aiguiller la police en relevant la plaque d’immatriculation. Mais impossible. Les deux voleurs avaient sciemment posé un morceau de scotch dessus.
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