Elle bascule la tête sur le côté, rattrapant d’une main ses longs cheveux noirs. Absorbé par son portable dans le box des accusés, le gendarme lève ses yeux endormis vers Carole Sun. La jeune femme de 30 ans, vêtue d’une chemise blanche et maquillée avec soin, lui adresse un sourire éclatant en lui glissant quelques mots. Trop loin pour entendre. On voit juste le militaire lui renvoyer le sourire. Un instant fugace, qui ne veut sans doute pas dire grand-chose, sinon, peut-être, ce rapport à la séduction qui semble poursuivre depuis longtemps cette « revenante » de Daech.
L’expression consacrée n’a rarement aussi bien porté son nom. Carole Sun, qui a été condamnée ce jeudi à dix ans de réclusion criminelle pour participation à une association de malfaiteurs terroriste, a passé trois et demi en Syrie. Elle y est arrivée peu après la proclamation du califat jusqu’à sa capture en décembre 2017.
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