« Nous devons rester dans cette commune » : le retour des urgences désormais prévu fin 2029, à Juvisy-sur-Orge

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Le petit parking est interdit d’accès. Les bâtiments vétustes ont laissé place à une carrière vidée de toute vie. Sur le trottoir, deux passants glissent leur tête derrière les grandes palissades de sécurité, avant de repartir déçus. Rien n’a bougé depuis la démolition de l’un des plus importants hôpitaux du nord Essonne, celui de Juvisy-sur-Orge.

Mais qu’ils se rassurent : si le projet d’offre de soins annoncé en lieu et place, avec la présence d’un service d’urgences, a pris du retard, beaucoup de retard même, il n’est pas abandonné. Bien au contraire. Ce mardi 16 décembre, un accord a été signé entre la ville, l’agence régionale de santé (ARS) et Inicea, la marque santé du groupe Clariane (ex-Korian), confirmant l’avancée du programme.

Une bataille lancée dès 2008

Petit retour en arrière. En juin 2024, l’établissement géré par le Groupe Hospitalier Nord Essonne (GHNE) a laissé la place à un hôpital flambant neuf, au cœur du quartier de Corbeville, à Orsay. Soit à une vingtaine de kilomètres de là, sur des axes souvent englués dans des bouchons.

Pour « ne pas laisser orphelin un bassin de santé de plus de 250 000 habitants », élus du territoire et membres du comité de défense des hôpitaux du Nord Essonne se sont battus pendant près de 10 ans pour obtenir le maintien d’une offre de soins sur le site.

En 2021, ils ont, en partie, obtenu gain de cause : les urgences, un service d’imagerie et le Service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) seront bien maintenus grâce à un projet porté par Inicea. Ils s’intégreront dans une structure dédiée à la réadaptation avec 180 lits et 43 places d’hospitalisations de jour.

50 millions d’euros investis

Sur place, deux nouveaux bâtiments devaient sortir de terre. Annoncés pour 2023, puis 2025, et enfin 2026, ce ne sera finalement pas avant fin 2029. « Nous espérons déposer le permis de construire dans le courant du premier semestre 2026 pour un début des travaux, une fois toutes les conditions économiques et réglementaires réunies, début 2027, indique Pierre Maitrot, le directeur d’Inicea. Ce sera une offre complète avec de la neurologie, de la rééducation, de la gériatrie ou encore de l’oncologie. Au rez-de-chaussée, nous accueillerons les urgences du GHNE. »

Ces difficultés, « courantes dans des chantiers de cette dimension-là », étaient notamment « liées à l’étude d’impact environnementale et aux financements, avec la recherche de nouveaux partenaires », expliquait début 2024 le groupe. Car le prix des travaux est important : 50 millions d’euros d’investissement pour Clariane, sans compter le prix d’achat du terrain. « C’est notre projet le plus important dans toute la France », confirme Pierre Maitrot.

Pour les épauler, grâce à un partenariat privé-public, l’ARS vient d’acter le financement de 5 millions d’euros. « Cela va dans notre logique territoriale où nous voulons disposer de trois piliers dans l’offre de soins proposée aux habitants du secteur, souligne Richade Fahas, directeur de l’ARS en Essonne. Nous avons ainsi l’hôpital de Saclay, le pôle de soins de Longjumeau (qui possède un service d’urgences) et prochainement Juvisy. »

« Sur des urgences vitales, cela peut tout changer »

Pour Lamia Bensarsa Reda, la maire (divers droite), c’est une nouvelle étape dans « ce combat mené contre la disparition de l’hôpital. Nous avons longuement travaillé avec notamment le GHNE et l’État pour que le service d’urgences reste à Juvisy. Cet accord aujourd’hui n’est pas neutre, surtout dans un contexte budgétaire compliqué. C’est un réel effort de la part de l’ARS, mais aussi de Clariane. »

Un accord qui doit déboucher sur du concret, espère de son côté Pierre Brihier, chef de service du Smur à Juvisy. « Nous sommes convaincus que nous devons rester dans cette commune car sur des urgences vitales, cela peut tout changer. Une de nos dernières interventions portait sur un arrêt cardiaque. Si nous avions été plus loin, avec les kilomètres et les bouchons, je ne suis pas certain qu’on aurait pu le sauver. Cette nouvelle est une bonne mais nous avons encore quelques craintes. 2029, c’est loin… »

Pour les autres types d’urgences, un centre de consultations de soins non programmés permet d’accueillir les patients (adultes et enfants) pour des soins ne nécessitant pas de plateau technique, et seulement lorsque le médecin traitant ou le pédiatre n’est pas disponible.

Inauguré par l’ARS en février dernier au 18, rue Estienne-d’Orves, à quelques pas du centre-ville et de la gare du RER C et D, ce centre médical d’appui est ouvert du lundi au vendredi, de 10 heures à 19 heures.

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