Les déboires des usagers du RER D, Benjamin pourrait en faire un livre. Quand un train n’arrive pas à l’heure, c’est à ce vendeur du point presse de la gare de Montgeron-Crosne (Essonne) que les voyageurs sur le carreau commandent un café et font part de leur frustration.
Ligne la moins fiable du réseau avec près de 86 % de ponctualité cette année, le RER D est en effet un métronome qui rythme le quotidien de façon un peu trop aléatoire au goût de ses usagers. Certains, comme Matthieu, restent à regret à la maison le week-end plutôt que de sortir à Paris en raison d’une offre de transport « insuffisante » le soir après 22 heures. D’autres, comme Arlena, aide-soignante, ou Farès, lycéen, ont pris l’habitude de justifier leurs nombreux retards auprès de leur employeur ou de l’administration en prenant en photo les perturbations indiquées sur les écrans d’affichage en gare. « Tous les jours, je vois des gens saoulés qui se plaignent à cause des trains supprimés ou retardés, résume Benjamin. Quand on discute, certains me disent que, s’ils trouvent un job ici, ils le prendront, quitte à perdre 200 euros par rapport à leur boulot à Paris. »
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