Ce mardi 16 décembre, la salle d’audience de la cour d’appel de Montpellier est bondée et divisée, comme le village de Vias-Plage (Hérault), 6 000 habitants à l’année. Il s’agit de trancher sur le bien-fondé de la construction d’un promenoir de 550 mètres carrés en béton dont une partie empiète sur la bande des 100 m, sanctuarisée par la loi Littoral qui interdit toute nouvelle construction.
En première instance le maire, Jordan Dartier et la commune ont été très lourdement punis : une amende de 1 250 000 euros pour la commune (dont 1 000 000 euros avec sursis) et 500 000 euros pour l’élu (dont 480 000 euros avec sursis).
Depuis 2017, l’élu semble avoir ignoré toutes les mises en garde de la préfecture et les jugements tous défavorables. À la barre, Jordan Dartier tente de justifier son projet. « La région Occitanie de Carole Delga a mis en place un plan littoral pour requalifier les stations et les rendre plus attractives », explique-t-il. Son objectif : embellir Farinette-Plage, la station balnéaire prisée, située à seulement 3 km du centre de Vias
En quarante ans, cette dernière est devenue, aux côtés d’Argelès-sur-Mer, une figure de proue européenne de l’hôtellerie de plein air. Pourtant, le développement de Farinette-Plage s’est fait de manière contrastée, entre campings ultra-luxueux (à l’image du Club Farret de la famille Giner) et un réseau routier qui semble dater d’un autre temps.
Un chantier de 8 millions d’euros« Ce promenoir ? Les Viassois en sont fiers », soutient le premier adjoint, curieusement constitué partie civile dans ce dossier judiciaire. Une affaire où tous les recours ont été perdus et dans laquelle le maire persiste, feignant d’ignorer les avertissements de la préfecture. « L’État, n’a pas le monopole de la légalité. Et pourquoi donc la préfecture de l’Hérault n’a-t-elle pas pris une mesure pour arrêter ce chantier considéré comme illégal ? » argumente l’un des avocats du maire.
Avec sa posture du « je ne savais pas », Jordan Dartier peine à convaincre le président de la cour d’appel. Et pas plus en renvoyant la responsabilité sur l’entreprise qui a conçu et réalisé ce chantier à 8 millions d’euros. Pour ses réquisitions, le parquet a demandé la confirmation du jugement de première instance et a donc réclamé 150 000 euros d’amende à l’encontre de la commune et 50 000 euros à l’encontre du maire.
Un lieu très fréquentéSur le promenoir les procédures font glousser les personnes qui ont adopté cette sorte de viaduc à piétons au-dessus de la plage. « C’est un merveilleux endroit et très fréquenté », expliquent Jacques et Yves. « Les handicapés ou les personnes à mobilité réduite peuvent être à la plage », poursuit Élodie.
Le délibéré est attendu pour le 16 février 2026. Mais la saga est loin d’être terminée. En parallèle, le tribunal administratif devra statuer sur une demande cruciale de la préfecture : la destruction de l’ouvrage. Une décision qui, si elle était confirmée, engendrerait une nouvelle facture salée, estimée à 2 millions d’euros, ajoutant encore au coût déjà exorbitant de ce projet controversé.
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