« On n’a aucune nouvelle » : la Ville de Paris réclame le plan grand froid à l’État

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Ils étaient encore nombreux à dormir à même le sol, pendant cette nuit post-Noël, dans les rues parisiennes. Et ce malgré un mercure au plus bas, parfois même sous les 0 °C, et un vent à faire diminuer la température ressentie. Sans option d’hébergement d’urgence, des centaines de personnes ont passé la nuit dehors dans la capitale.

Mais malgré ces températures, en dessous des normales de saison, le plan grand froid n’a pas été appliqué par la préfecture d’Île-de-France, décisionnaire en la matière. Pourtant, ce plan a été activé ailleurs en France ces derniers jours, notamment dans le Grand Est ou en Bretagne.

Des places ouvertes en Seine-et-Marne

En Île-de-France, le préfet de Seine-et-Marne a activé mercredi la vigilance jaune « grand froid », ouvrant notamment 27 places d’hébergement à Tournan-en-Brie et renforçant les maraudes.

À Paris, aucune mesure du genre n’a pour l’heure été décidée, bien que les températures ne devraient pas remonter dans les prochains jours. « Visiblement, l’Île-de-France n’est pas concernée par cette vague de froid », ironise Léa Filoche, adjointe à la maire de Paris en charge des solidarités.

« On peut s’interroger alors qu’il suffit de sortir dans la rue pour comprendre qu’il fait extrêmement froid et qu’il y a toujours des personnes qui vont dormir à la rue », s’inquiétait ce vendredi matin sur franceinfo la défenseuse des enfants de la Ville de Paris Dominique Versini, rappelant que cette mission de mise à l’abri est celle de l’État.

Sur les réseaux sociaux, les figures de la gauche parisienne se sont émues de ne pas voir un tel plan activé malgré les conditions météorologiques. « Il est scandaleux que l’État ne déclenche pas le plan grand froid à Paris (…). Honte absolue », lance le sénateur PCF Ian Brossat sur X.

3 500 personnes à la rue

Toujours sur X, la conseillère régionale PCF Céline Malaisé rappelle que « des centaines de femmes, d’enfants et d’hommes sont sans solution d’hébergement en Île-de-France et à Paris ». En effet, en janvier dernier, la Ville de Paris a recensé 3 500 personnes à la rue lors de la Nuit de la Solidarité, « un nombre largement sous-estimé » selon la branche locale de l’association Utopia 56, qui dit « continuer ses missions dans le dur » en cette fin décembre.

« On n’a aucune nouvelle », poursuit Léa Filoche, qui a fait une demande à la préfecture le 24 décembre, cette dernière lui répondant qu’un tel plan n’était pas prévu. « Sans cette activation, on n’a aucune place supplémentaire en urgence, pas d’horaires étendus des accueils de jour ni des maraudes le soir. On n’a rien de tout ça », se désole-t-elle.

La Ville « pousse les murs »

Pour l’heure, six gymnases parisiens sont déjà occupés par des personnes à la rue, fait savoir l’adjointe. « On est déjà saturés. Mais il y a d’autres endroits qu’on peut activer », rappelle-t-elle, sachant que les établissements scolaires sont fermés pendant ces vacances de Noël.

En attendant, la Ville « pousse les murs ». « On va essayer de compenser les manquements de l’État pour des situations d’extrême urgence et d’extrême précarité », poursuit Léa Filoche, qui espère ne pas avoir à dresser le même bilan que fin novembre dernier, où six personnes étaient mortes de froid dans les rues de Paris selon la mairie. Contactée, la préfecture de région n’a pour l’heure pas donné suite à notre sollicitation.

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