Ils se dégustent sur des toasts, pour allonger une sauce, en fond de sandwich, avec un poisson, dans une salade de carottes… Les tartares d’algues d’Aoré, du nom de l’entreprise qui les produit dans l’île de Ré (Charente-Maritime), font leur place dans l’économie locale. « Ils ont la particularité d’être réalisés avec des algues fraîches, qui conservent toutes leurs propriétés. La plupart des produits existants sont soit stérilisés, soit conservés en saumure, ce qui n’est pas notre cas. Les tartares doivent être conservés au frais et consommés dans les six mois », explique Pierre Doléans, qui a fondé Aoré avec Louis Chatin.
Épaulés par trois autres associés, les deux fondateurs ont commencé à ramasser ces plantes marines en juin 2024. « Ce sont des algues sauvages, bio, que nous récoltons à la main à la pointe de la Lasse (à Loix-en-Ré, NDLR), dans des eaux pures », précise le responsable. Laitue de mer, nori, aonori et fucus sont ainsi recueillies puis nettoyées dans leur atelier de La Flotte. « Pour deux heures de récolte, il y a environ sept heures de lavage », ajoute-t-il. La cuisine et le conditionnement sont également faits maison. Différentes recettes ont été élaborées avec du citron confit, de l’ail, de l’oignon, du sésame, de la framboise, etc.
120 points de vente« Nous avons de très bons retours. On en propose davantage tous les mois. Nous comptons actuellement 120 points de vente, majoritairement des magasins bio et épiceries fines en Charente-Maritime, mais aussi en Vendée, à Bordeaux et Paris. Nos produits se trouvent également en grande distribution sous la marque Noré », détaille Pierre Doléans. Les tartares, commercialisés depuis décembre 2024, représentent 70 % de leur chiffre d’affaires, contre 30 % pour les algues déshydratées, plus classiques.
« Ça fonctionne très bien pour nous. Le marché des algues augmente de 10 % par an en Europe. On rattrape petit à petit le retard par rapport à l’Asie. Il y a deux ans, quand nous nous sommes lancés, il y avait peu de références dans les magasins. Aujourd’hui nous constatons que c’est en expansion », souligne l’algoculteur. Qui, fort de ce succès, espère pouvoir investir dans une machine pour laver ces plantes marines afin de faciliter une tâche longue et « très physique ».
No comments yet.