C’est un virement bancaire comme en on voit rarement. Et qui serait même sans précédent. Le 11 décembre dernier, l’entreprise Michelin a réalisé un « don » de 4,3 millions d’euros au ministère de l’Économie, comme l’indique le Journal Officiel de ce 26 décembre. Un don qui sonne comme la fin d’une polémique qui entoure le géant clermontois depuis des années.
Tout commence en 2017. Cette année-là, Michelin bénéficie de 4,3 millions d’euros de la part de l’État au titre du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) pour son usine de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Objectif de ces fonds : financer la rénovation d’ateliers et l’achat de huit nouvelles machines d’assemblage.
Six machines envoyées à l’étrangerSauf que deux ans plus tard, la nouvelle tombe : l’usine vendéenne fermera ses portes l’année suivante. 600 salariés seront au chômage. Mais surtout, six des huit machines seront transférées dans d’autres usines du groupe, en Espagne, en Italie et en Pologne. Michelin n’avait d’ailleurs pas attendu l’annonce de la fermeture de l’usine pour envoyer deux premières machines de l’autre côté des Pyrénées.
Depuis, le sujet était resté sous les radars, avant qu’une commission d’enquête du Sénat ne se penche dessus en mars 2025. Pendant son audition, qui portait sur les aides aux entreprises, le président de Michelin Florent Menegaux avait jugé qu’il « ne serait pas anormal » de rembourser cet argent.
Après quoi Michelin avait fait savoir à Bercy son intention de remboursement, bien que rien ne l’y obligeait. Seul un rapport du Sénat datant de juillet dernier recommande d’imposer le remboursement si l’usine délocalise dans les deux ans. Une règle inexistante en 2017.
La forme du don privilégiéSurtout, à l’époque, et comme Michelin le rappelle dans un communiqué (publié après un reportage de Complément d’enquête au sujet des aides publiques aux entreprises), « cette aide n’était assortie d’aucune conditionnalité ni d’aucun fléchage dans les utilisations qui pouvaient en être faites ».
Reste que Michelin a tenu à rembourser ce montant, qui équivaut à 0,016 % du chiffre d’affaires de l’entreprise en 2024. Après plusieurs discussions sur la forme du remboursement, le choix du don a été décidé.
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