La France aura-t-elle un budget en 2026 ? Faute d’accord sur un texte, les parlementaires ont voté à l’unanimité cette semaine une loi spéciale avant de partir en vacances. Ils reprendront leurs discussions budgétaires début janvier, le gouvernement souhaitant l’adoption d’un texte d’ici la fin du mois. Pour le président LFI de la commission des finances de l’Assemblée nationale, il n’y a pourtant pas d’urgence. La loi spéciale peut permettre de « tenir quelques mois », juge Éric Coquerel sur France Inter ce vendredi 26 décembre.
La loi spéciale est composée de trois articles, dont un pour autoriser l’État à prélever les impôts, un deuxième pour sécuriser les recettes, et donc le fonctionnement, des collectivités territoriales. Une « rustine » faute d’adoption du projet de loi de finances, juge l’exécutif.
S’opposant au gouvernement, le député de Seine-Saint-Denis assure que le texte de la loi spéciale « est un budget » : « Il est temporaire, pas de soucis. Mais théoriquement, il permet de dupliquer le budget de l’an dernier, en recettes et en dépenses ».
La loi spéciale peut donc permettre de « tenir quelques mois quelques mois le temps de trouver un nouveau budget », assure Éric Coquerel.
Reprise des débats début janvierÉric Coquerel estime que le gouvernement « met la pression » sur les parlementaires pour qu’ils « aboutissent au plus vite sur un budget » à la reprise des débats, sur la base du texte sorti du Sénat en décembre. Mais, rappelle le député LFI, « l’opposition a le droit de dire Non, on ne souhaite pas un mauvais budget pour ce pays ».
« Le gouvernement espère un compromis qui touche très peu au budget qu’il veut imposer », déplore le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, qui ne croit pas que le futur texte « ne passera pas par le vote ».
Car depuis plusieurs semaines, la petite musique du 49.3 monte et des figures de la droite (Bruno Retailleau, Gérard Larcher…) ont demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu d’envisager cette arme constitutionnelle.
« Le Premier ministre doit se sentir libéré de sa promesse. C’est à lui de décider, mais il est en droit de dire qu’il est allé au bout de sa promesse. Même des socialistes eux-mêmes réclament son recours en privé », plaidait dans les colonnes du Parisien Philippe Juvin, rapporteur LR du budget.
Une option qui ne convainc pas Éric Coquerel : « S’il y a 49.3, nous censurerons tout de suite », promet-il.
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