Pas de trêve de Noël pour les agriculteurs. Après une dizaine de jours de mobilisation contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le ministère de l’Intérieur recensait encore 15 blocages mercredi soir, principalement dans le Sud-Ouest, mobilisant 140 personnes.
Ce jeudi matin, la gendarmerie a recensé les mêmes points de blocage que la veille, concernant notamment les autoroutes A63 au sud de Bordeaux, A64 sur plusieurs points entre Toulouse et Bayonne, A65 à Thèze (Pyrénées-Atlantiques) et A75 en Lozère et en Aveyron.
Sur le barrage de Carbonne, au sud de Toulouse, les « Ultras de l’A64 » ont aussi organisé mercredi soir une messe à laquelle ont assisté au moins 300 personnes, sous un chapiteau décoré de boules et guirlandes, en présence d’un prêtre et de quelques moutons, selon des images de La Dépêche. Ils ont également offert aux participants des huîtres ou des dindes et un sanglier cuit à la broche.
« On va se relayer dans la journée »« C’est la première fois que je passe Noël sous un pont, mais ce n’est pas si mal (…) J’ai un petit pincement au cœur, car je devais aller voir ma fille. Mais j’ai préféré rester ici pour soutenir », témoigne Monique, 80 ans, l’une des habitantes venue à la messe, au micro de BMFTV.
Ce dimanche matin, Laurent Abadie, éleveur en Haute-Garonne, lui aussi sur le blocage de Carbonne, revient lui aussi sur ce réveillon « loin de sa famille », au. « On a passé une super soirée hier soir. Beaucoup de monde est venu nous soutenir. On a fait la messe de Noël, ça a été un succès. Aujourd’hui c’est plus compliqué car beaucoup de gens sont en famille mais on va se relayer dans la journée et on va continuer », explique l’éleveur.
Sur le barrage de l’A63 à Cestas au sud de Bordeaux, quelques dizaines de manifestants se sont retrouvées pour un réveillon « façon auberge espagnole » sous le pont de l’échangeur d’autoroute, entre barnums, planchas, réchauds à gaz et crèche illuminée, avec un marché de producteurs et messe également.
Une parade de tracteurs prévue à PauDu côté du blocage de l’A64 dans les Pyrénées-Atlantiques, la Coordination rurale du département prévoit pour sa part une parade de tracteurs dans Pau ce soir.
Ce mardi encore, en Haute-Garonne, 72 vaches ont été abattues après la détection d’un nouveau cas de DNC, dans le village pyrénéen de Juzet-d’Izaut, portant le bilan national à 115 foyers depuis juin. Le dernier cas majeur de DNC remontait au 15 décembre, dans le département voisin de l’Aude.
Depuis le début de l’épidémie en Savoie cet été, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur « trois piliers » : l’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.
Une gestion fortement contestée par une partie des agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (deuxième syndicat de la profession) et de la Confédération paysanne (troisième), qui rejettent cette stratégie d’abattage des troupeaux entiers au moindre cas détecté.
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