Un cadeau à leurs proches un peu avant l’heure. C’est le grand jour, ce mercredi 24 décembre, pour la chorale de Noël de l’Ehpad du château de Champlâtreux, à Saintry-sur-Seine (Essonne).
La vingtaine d’aînées qui la compose, dont plusieurs centenaires, sont déjà en place dans de la salle de réception. Fiches plastifiées à la main, équipées de leurs plus beaux bonnets de Noël, elles sont prêtes à entonner les célèbres chants.
Face à elles, leurs proches, d’autres résidents et des membres du personnel de la résidence du groupe Emeis. Dans la pièce, difficile de se frayer un chemin et de trouver une chaise vide. Les smartphones, eux, sont de sortie pour immortaliser ce moment.
Marie-Madeleine, 101 ans, installée au premier rang, est prête. Il faut dire qu’après avoir vu le « concert magnifique de Roberto Alagna (ténor franco-italien, NDLR) à la télé » la veille, elle s’est mise dans les meilleures dispositions.
« Je ne suis pas stressée. Depuis novembre, on répète chaque mardi avec beaucoup d’entrain. On a fait beaucoup de progrès », assure-t-elle. À la différence de ses comparses, elle n’a pas les paroles en main, étant « incapable de lire » en raison d’une vue réduite. Elle a dû les apprendre par cœur avec la complicité d’une soignante.
Dans l’assistance, trois générations de sa famille sont au rendez-vous. Sa fille, Françoise, l’une de ses jumelles, venue de la région toulousaine pour les fêtes, mais aussi sa petite-fille, Anne, et son mari Cyril, et même les arrière-petits-enfants, Louis et Lise, qui viennent l’embrasser. « C’est très motivant pour les personnes âgées, elles ont pris ça au sérieux. Ça a motivé Mané (le surnom de Marie-Madeleine) », assure Anne.
Place désormais au spectacle. « Trois, quatre », lance Christelle, membre du pôle activités de soins adaptés, accompagnée de Muriel, tambourin à la main. Toutes les deux sont à l’initiative de ce projet de chant.
Dans un ton plutôt juste, toutes interprètent « Mon beau sapin », « Il est né le divin enfant » et enfin, « Vive le vent », repris une seconde fois avec le soutien du personnel. Dans le même temps, des chocolats sont distribués dans le public, esprit de fête oblige.
« Ça crée des amitiés, des rencontres »Sous les longs applaudissements, les stars de la journée sont aux anges. « Je suis très très contente, les résidents et les familles sont contents, sourit Marie-Madeleine. Qu’est-ce qu’on veut de plus ? » Ce que confirme Anne. « C’était chouette, elle y a mis tout son cœur, ça lui fait du bien. » « Maman aime chanter », rappelle Françoise.
À côté d’elle, Michelle, 103 ans est tout aussi ravie. « C’est la première fois que nous avons cette activité ici. C’est une chorale sentimentale. Ça crée des amitiés, des rencontres. » Christine, son aide-soignante, vient la voir pour recueillir son ressenti.
D’ailleurs dans ce chœur, il n’y a pas que des novices. Évelyne, 91 ans, se présentant comme « une jeunette », a longtemps fait partie d’une chorale du troisième âge à Nanterre (Hauts-de-Seine). « J’ai toujours aimé chanter, mais j’ai un peu perdu ma voix », reconnaît-elle.
Avant les répétitions, ça faisait quinze ans qu’elle n’avait pas chanté. Une passion stoppée après la disparition de son fils, et avec laquelle elle renoue le temps d’un après-midi. Veuve, cette chorale représente pour elle un instant de bonheur, une bouffée d’oxygène. Elle est même prête à reprendre du service. « Si quelqu’un m’aide, je retrouverai ma voix ! »
No comments yet.