Dinde, marrons, foie gras, saumon fumé, gâteaux en tout genre… Noël et le Nouvel an riment avec repas succulents… et souvent éreintants pour nos organismes ! Anissa Boulemia, diététicienne-nutrionniste dans le XVe arrondissement de Paris, nous livre ses recommandations pour profiter des fêtes sans se priver ni faire d’excès.
Quels sont les aliments à bannir pour éviter l’intoxication alimentaire ?
ANISSA BOULEMIA. Ce sont évidemment les fruits de mer. Il faut toujours bien regarder leur provenance et ne pas les acheter plus de deux jours avant de les manger. La viande peut également être une source d’intoxication. Il faut donc s’assurer que la chaîne du froid a toujours été bien respectée. Enfin, si on achète des préparations en bocaux, il vaut mieux jeter au moindre doute sur l’odeur ou la couleur du produit.
Quelles sont les règles d’hygiène à bien respecter ?
Si l’on veut faire les courses un peu en avance, la bonne option est de congeler les aliments, même si on y perd un peu d’un point de vue gustatif. À part pour les huîtres, c’est tout à fait faisable pour les fruits de mer, les poissons et la viande. Pour le poisson cru, notamment si on confectionne des sushis, la congélation préalable est même recommandée car elle tue les bactéries. Si on aime la bûche au dessert, il vaut mieux l’acheter le jour même ou au plus tard la veille, surtout si elle contient de la crème.
En cuisine, le lavage des mains est indispensable avant et après certaines étapes, comme l’épluchage des légumes, l’ouverture de boîtes de conserve et de produits en sachet ou encore le cassage d’œufs. L’idée est d’éviter les contaminations croisées.
De manière générale, quand on vient de l’extérieur, il faut toujours se laver les mains avant de passer à table ou de toucher des aliments. À l’apéritif, c’est bien de rappeler aux enfants qu’on ne touche que ce qu’on mange et d’essayer de leur demander de se laver les mains régulièrement, par exemple quand ils reviennent à table après avoir manipulé des jouets.
Un verre d’eau entre chaque verre de vin, cela permet de limiter la déshydratation provoquée par l’alcool
Anissa Boulemia, diététicienne-nutrionniste
Comment éviter les indigestions ?
Par tradition, on a souvent tendance à manger des choses très grasses pendant les fêtes. Il n’est pas question de se priver, mais juste d’être raisonnable. Par exemple, à l’apéro, on peut servir des canapés et les accompagner de petites crudités accompagnées d’une sauce au yaourt et aux herbes par exemple.
Ensuite, l’idée est d’essayer de tendre vers un équilibre sur l’ensemble du menu. Quand on a un gâteau en dessert, on peut proposer en entrée des crevettes, un aliment très digeste. Par ailleurs, il n’y a aucune raison de faire l’impasse sur les légumes en accompagnement des plats. L’hiver en offre d’ailleurs des très gourmands comme les potimarrons ou les courges butternut, que l’on peut rôtir au four.
Comment éviter les gueules de bois ?
Si on aime boire de l’alcool pendant un repas, c’est important de prendre un verre d’eau entre deux verres de vin. Cela permet de limiter la déshydratation provoquée par l’alcool et qui peut aggraver les maux de tête du lendemain. Et bien sûr, dans tous les cas, il faut garder une consommation raisonnable.
Faut-il s’imposer un jeûne après les fêtes ?
Non, surtout pas ! Il suffit d’écouter son corps, mais ne jamais s’imposer une restriction. Si on a fait des repas en peu lourds les jours de fêtes, on va chercher à retrouver un équilibre naturel le reste de la semaine. On gardera des protéines mais en diminuant un peu le gras et le sucre, et en misant à fond sur les légumes. Et ce n’est pas grave, si on prend un kilo pendant les fêtes. L’important, c’est de veiller à avoir une alimentation équilibrée sur le long cours.
No comments yet.