« Certains n’ont plus la force de bouger » : en Essonne, les agriculteurs veulent faire entendre leur colère

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Certains préparent leurs repas de Noël. D’autres improvisent un déjeuner autour d’un « feu de la colère ». À l’appel des Jeunes agriculteurs (JA) d’Île-de-France Ouest et de la Fédération départementale des syndicats d’exploitations agricoles (FDSEA) d’Île-de-France, une vingtaine d’agriculteurs de l’Essonne se sont réunis au niveau de l’échangeur de la N 20/N 104, à hauteur de Linas, pour faire entendre leurs craintes. « Le compte n’y est toujours pas », estiment-ils.

Le possible accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne, le budget de la PAC (politique agricole commune) et la hausse des charges sont dans toutes les bouches. Pendant ce temps, leurs tracteurs, immobiles, perturbent légèrement la circulation autour de cet axe majeur du département.

« On vend en dessous du coût de production. À ce rythme-là, ça ne va tenir longtemps, assure Nicolas Galpin, céréalier et président du syndicat FDSEA de Corbeil. Je vais devoir faire un prêt pour tenir jusqu’à la moisson. »

« On n’y arrivera pas »

Ce ras-le-bol dépasse même l’enjeu financier. « Il y a l’aspect psychologique qui va avec. La MSA (la sécurité sociale agricole, NDLR) recense de plus en plus de cas compliqués. Certains sont dépités et n’ont même plus la force de bouger, c’est ça le plus inquiétant… »

Sandwichs saucisse à la main, Matthieu, 28 ans, et Baptiste, 27 ans, sont installés à leur compte depuis un an. « Quand on voit ce que l’on nous annonce, on n’y arrivera pas. C’est du 15 heures par jour, sept jours sur sept. On vend déjà à perte sans le Mercosur, alors avec… », se désole Baptiste.

« C’est toujours plus, mais jamais moins… », tance de son côté Jérôme, autre agriculteur membre de la FDSEA. Il pointe l’envolée des charges et la paperasse. « Beaucoup d’anciens lâchent à cause d’une administration trop lourde. C’est en moyenne une à deux heures par jour. Et nous ne sommes même pas certains d’être dans les clous car les règles changent souvent et se contredisent. »

Vers 15 heures, le convoi a repris la direction d’Étampes en opération escargot, perturbant plus fortement la circulation sur la N 20. Ils donnent déjà rendez-vous : « en janvier, ça va repartir fort. »

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