« J’ai un rêve, avoir moins peur à l’école » : le collectif #MeTooEcole écrit une lettre ouverte à Anne Hidalgo

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La lettre est signée d’un enfant de sept ans. Il s’appelle Emmanuel. Cette année, pas de liste de cadeaux au père de Noël, mais plutôt une lettre à la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, appelée « Maire Noël ». Dans ce manuscrit, écrit par le collectif #MeTooEcole, le jeune enfant, scolarisé à Paris, fait part de ses craintes et ses peurs.

« Pour la rentrée 2026, j’ai un rêve : avoir moins peur à l’école. Des fois, le matin, j’ai un caillou dans le ventre. Je serre très fort la main de papa ou maman et je fais semblant d’être courageux », écrit Emmanuel, âgé de sept ans.

« Il y en a aussi qui font très peur »

Tout au long de la lettre, l’enfant demande plusieurs actions à la maire de la capitale. « Plus de grands qui aident, qui regardent vraiment, qui voient que ça ne va pas. (…) À l’école, on est entourés de plein d’adultes gentils mais il y en a aussi qui font très peur », poursuit-il.

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Des « cris », des « violences », des « histoires d’adultes qui font des choses interdites aux enfants »… À travers les mots d’Emmanuel, #MeTooEcole fait référence aux différents scandales qui ont fait surface ces derniers mois à Paris.

« Ce n’est pas parce que c’est Noël qu’il y a une trêve pour la protection de l’enfance », témoigne Barka Zerouali, membre du collectif, qui refuse de voir le sujet « retomber » pendant les vacances de fin d’année. « On a beaucoup entendu de parents et d’adultes en général prendre la parole sur le sujet. Avec cette lettre, on voulait remettre la parole de l’enfant au centre », explique-t-elle.

« 2026, c’est dans deux semaines »

« Cette lettre va dans le sens de notre phrase toute simple qui est qu’un enfant doit pouvoir aller à l’école sans avoir peur », poursuit la mère de famille. « 2026, c’est dans deux semaines et nous ne voulons pas que ces enfants aient la moindre crainte en retournant à l’école à la rentrée », espère-t-elle.

Pour cela, le collectif, créé le 20 novembre dernier, journée internationale des droits de l’enfant, compte sur la Ville de Paris pour mettre en place des mesures concrètes. « On juge une Ville à ce qu’elle protège. Il faut que cette protection soit systémique et pas au cas par cas, que les alertes soient traitées rapidement et qu’il y ait une pleine transparence sur ce qui est fait et ce qui n’est pas fait », insiste Barka Zerouali.

Pour l’heure, cette dernière regrette une certaine « opacité » en la matière et réclame que l’Hôtel de Ville « se retrousse les manches ». « Après les effets d’annonces, pourquoi on nous fait encore remonter d’autres faits ? », s’inquiète-t-elle.

Interrogé sur le sujet ce matin sur France Inter, l’ancien adjoint (PCF) d’Hidalgo de Paris Ian Brossat a validé les revendications du collectif. « Ils ont parfaitement raison. C’est ce qu’il faudra faire dans les années qui viennent. Il faut prendre au sérieux les alertes qui ont été émises et les revendications de ces parents », a répondu celui qui s’est rangé récemment derrière Emmanuel Grégoire dans la course à la mairie de Paris.

Le collectif avait déjà écrit une précédente lettre à Emmanuel Macron, laissée pour l’heure sans réponse. Suite à cette nouvelle lettre, signée du prénom du président du République - loin d’être un hasard -, #MeTooEcole espère de nouvelles réponses de la Ville. Une nouvelle réunion est prévue en janvier.

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