C’était le 5 novembre dernier. Avec effroi, des paroissiens avaient découvert deux statues brisées dans l’église de Montcenis (Saône-et-Loire). Les images de vidéosurveillance montraient la silhouette d’une femme entrant dans l’église puis en ressortir très vite en courant. L’enquête de police n’a pas permis d’identifier cette personne suspectée d’être déséquilibrée et qui serait à l’origine d’un autre un acte de vandalisme à l’église de Montchanin, à 10 kilomètres de là.
À Montcenis, la découverte des statues vandalisées avait énormément choqué. « On a brisé quelque chose en nous », nous confiait une fidèle. La statue de Sainte-Thérèse de Lisieux était bien abîmée, mais ce n’était rien à côté de la statue du Sacré-Cœur, brisée en mille morceaux. On pensait alors qu’il faudrait la remplacer. « L’évêque du Puy, en Haute-Loire, m’avait d’ailleurs proposé de nous en offrir une », raconte le Père Godefroy de Suremain, curé de la paroisse de Saint-François d’Assise.
Plus fort qu’un puzzle de mille piècesIl n’y a pas eu besoin d’aller en Haute-Loire. Car deux mois après, les deux statues ont retrouvé leur place. « Je savais que François était un sacré bricoleur et quand il m’a proposé de les réparer, j’espérais, mais je n’y croyais pas trop », confesse Thierry Buisson, le maire de la commune.
François, c’est François Chirico, un ancien chaudronnier, aujourd’hui retraité, qui a de l’or dans les mains. En travaillant tous les jours pendant trois semaines, il est parvenu à reconstituer les deux statues, en recollant patiemment les morceaux. Un véritable exploit pour la statue du Sacré-Cœur. Un défi plus fort qu’un puzzle de mille pièces.
« Un vrai miracle de Noël », assure le Père Godefroy de Suremain, qui a béni les deux statues en présence du restaurateur amateur, du maire et de quelques paroissiens, le 19 décembre. Elles y ont même gagné en beauté. François Chirico leur a en effet redonné de l’éclat et des couleurs. Celle du Sacré-Cœur brille dans la pénombre… Le restaurateur, modeste, n’a pas le sentiment d’avoir réalisé un exploit. « Il fallait de la patience, mais j’étais certain que c’était possible », dit-il. Ajoutant, comme pour s’excuser : « Il a juste fallu que je reconstitue le pouce de la main droite, car on ne l’a pas retrouvé ».
Les fidèles de l’église sont scotchés par la qualité de la double restauration. « Sainte-Thérèse qui était d’une couleur pâle a retrouvé de l’éclat et pour le Sacré-Cœur c’est exceptionnellement beau », souligne le maire. Il a prévu d’organiser une réception en l’honneur du « sauveur des statues ». En attendant, le Père Godefroy de Suremain lui a offert un très beau livre de photographies sur les chapiteaux de la Cathédrale d’Autun. François Chirico, très touché, en avait presque les larmes aux yeux. L’enquête de police, elle, se poursuit. « Mais l’église restera ouverte à tous, car on ne ferme pas une église », assure le curé de la paroisse.
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