La femme qui a retrouvé la statue d’Amelia Earhart volée au Canada n’aura peut-être pas droit aux 25 000 dollars promis

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Qui a volé la statue grandeur nature de l’aviatrice Amelia Earhart le 24 avril dernier dans un parc d’Harbour Grace (Canada) ? Huit mois après les faits, le mystère reste entier. Enfin presque. Elaine Traverse, qui en a retrouvé les restes dans une zone boisée à environ 25 km de son emplacement initial, est désormais suspectée dans cette affaire.

Le vol de la statue de bronze, érigée en 2007 pour commémorer le premier vol transatlantique en solitaire de l’aviatrice, avait secoué la ville canadienne, très fière de son histoire. De peur que le bronze ne soit revendu en pièces détachées, les autorités municipales ont récolté des fonds auprès de donateurs privés et promirent une récompense de 25 000 dollars (un peu plus de 15 000 euros) contre toute information.

« Voulez-vous parler à un avocat ? »

En août dernier, l’affaire prend un nouveau tournant. Elaine Traverse, une résidente handicapée, trouve par hasard, dit-elle, la statue de l’aviatrice coupée en cinq morceaux alors qu’elle promenait son chien. Selon son récit, c’est son animal de compagnie qui l’y a conduite. Après quoi, elle a appelé son fils à la rescousse.

« J’ai appelé le maire de l’époque et je lui ai demandé si la récompense était toujours offerte », explique-t-elle à CNN. Elle est orientée vers une enquêtrice de la Gendarmerie royale du Canada qui lui fait comprendre qu’elle ne devait pas s’attendre à un versement rapide. « La première chose qu’elle m’a dite, c’est : Voulez-vous parler à un avocat ? Parce que vous pourriez être arrêtée pour ça », ajoute-t-elle.

« Nous n’avons rien à voir avec le vol »

Les autorités demandent à Elaine Travers de ne toucher à rien, le temps de leur intervention. De son côté, le maire de Harbour Grace, Don Coombs, se réjouit officiellement du retour de la statue après une « information publique », précisant que la statue serait réparée et réinstallée sur son socle d’origine, indique Radio Canada.

Elaine Traverse déplore la tournure des événements. Elle estime être suspecte en raison du passé judiciaire de son fils, déjà condamné pour vol de cuivre. Or, il était incarcéré au moment du vol quelques mois plus tôt, se défend-elle. Elle ajoute auprès de CNN : « Nous avons tous deux passé avec succès un test de détecteur de mensonges. Nous n’avons rien à voir avec le vol de la statue et ne savons rien. » Aucun chef d’accusation n’a été retenu à ce stade et la récompense n’a, pour l’instant, pas été versée.

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