Plus de 4 300 dollars l’once : pourquoi le cours de l’or bat tous les records

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Le cours de l’or a atteint lundi 4 383,76 dollars l’once, battant son record d’octobre, les investisseurs anticipant de nouvelles baisses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) l’an prochain. L’or avait atteint un précédent record en octobre, à 4 381,52 dollars l’once, ce qui représentait une hausse de 67 % depuis le début de l’année.

Une série de données publiées la semaine dernière révèle en effet un affaiblissement du marché du travail américain et un ralentissement de l’inflation, incitant la banque centrale à assouplir davantage sa politique monétaire. Dans ce contexte, l’or confirme son statut de valeur refuge privilégiée, profitant pleinement des anticipations de détente monétaire et des incertitudes économiques persistantes.

Lorsque les taux d’intérêt baissent, le métal jaune devient mécaniquement plus attractif. Contrairement aux obligations ou aux produits de taux, l’or ne génère pas de rendement, mais il ne souffre pas non plus de la baisse des rémunérations offertes par les actifs financiers classiques. La perspective d’un coût de l’argent plus faible réduit ainsi le « manque à gagner » lié à la détention d’or et encourage les investisseurs à se repositionner sur ce marché.

La flambée des cours s’explique également par un climat géopolitique toujours tendu. Les conflits armés, les rivalités commerciales et les incertitudes politiques alimentent une demande accrue pour les actifs jugés les plus sûrs. L’or bénéficie aussi de l’appétit soutenu des banques centrales, notamment dans les pays émergents, qui poursuivent leurs achats afin de diversifier leurs réserves et de réduire leur dépendance au dollar.

Inflation et équilibrage des portefeuilles

Le repli progressif de l’inflation joue lui aussi un rôle clé. Si la hausse des prix a longtemps soutenu l’or comme protection contre l’érosion du pouvoir d’achat, le ralentissement actuel modifie la nature de la demande. Les investisseurs ne cherchent plus seulement à se couvrir contre l’inflation, mais anticipent désormais une phase de croissance plus molle, voire de ralentissement économique, qui renforcerait encore l’attrait du métal précieux.

Sur les marchés financiers, la montée de l’or s’inscrit dans un mouvement plus large de repositionnement des portefeuilles. Les actions restent volatiles, les obligations peinent à offrir une visibilité claire, et le dollar montre des signes de fragilisation face aux attentes de baisse des taux. Dans cet environnement, l’or apparaît comme un point d’ancrage, à la fois instrument de protection et pari sur l’évolution future de la politique monétaire américaine.

Reste à savoir si cette envolée peut se prolonger. Une confirmation rapide d’un virage accommodant de la Fed pourrait soutenir durablement les cours. À l’inverse, un regain de vigueur de l’économie américaine ou un rebond de l’inflation pourrait freiner l’élan actuel.

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