« Dans quelles conditions la police a tiré les trois coups ? Est-ce que c’était vraiment nécessaire de riposter de cette façon ? » s’interroge l’avocate des parents de Mouhamed Gueye. Leur fils, armé d’un couteau, a été tué par la police ce samedi à Ajaccio. Ils souhaitent porter plainte, a indiqué leur avocate ce dimanche, confirmant une information de Corse-Matin.
Me Aljia Fazai-Codaccioni, précise qu’elle souhaite porter plainte pour homicide volontaire aggravé et attend le livret de famille et la procuration des parents qui vivent au Sénégal avant de pouvoir le faire.
Une enquête a été ouverte pour « homicide volontaire aggravé » à l’encontre du policier auteur des coups de feu, et une autre pour « tentative d’homicide aggravé » contre l’assaillant, a indiqué samedi soir le procureur Nicolas Septe.
L’IGPN « en observation »Dans un communiqué de presse transmis dimanche, Nicolas Septe, le procureur de la République d’Ajaccio précise que « les premiers passants auditionnés indiquaient que les policiers avaient fait tout leur possible pour intimer à l’individu de lâcher son couteau et ont repoussé du plus possible l’échéance pour faire usage de leur arme. Pour eux, les policiers n’avaient plus d’autre alternative pour sauvegarder leur intégrité et celle d’autrui ».
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme âgé de 26 ans, de nationalité sénégalaise et titulaire d’un visa étudiant, menaçait des passants avec un couteau en plein cœur d’Ajaccio samedi midi.
« Des policiers tentaient de venir le maîtriser avec du mobilier (table haute/chaise) en le bloquant contre la grille, ajoute le représentant du parquet. L’individu arrivait à repousser le policier, puis se dirigeait précipitamment vers deux autres policiers qui lui demandaient une nouvelle fois de lâcher son couteau », a écrit le procureur dimanche.
Selon plusieurs témoins, l’homme serait arrivé vers les deux policiers avec le bras levé et le couteau en leur direction : « Un des policiers, après d’ultimes sommations faites à l’individu de s’arrêter, finissait par faire usage de son arme de service immobilisant ainsi l’assaillant alors qu’il se trouvait à environ 100 ou 150 cm de lui », complète le parquet.
La police a d’abord fait usage d’un pistolet à impulsion électrique, sans succès. L’un des policiers a alors fait feu à trois reprises sur l’homme, qui est décédé. L’IGPN, la police des polices, n’est pas saisie à ce stade, a précisé à l’AFP le procureur samedi soir, mais est « en observation ».
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