Une semaine après l’attentat de Sydney, l’Australie allume des bougies « contre les ténèbres »

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Le recueillement, une semaine après le drame. De nombreux Australiens ont observé une minute de silence et allumé des bougies ce dimanche, après la tuerie antisémite commise par deux hommes contre les participants à une fête juive sur une plage emblématique de Sydney.

Les deux assaillants, Sajid Akram, 50 ans, un Indien entré sur visa en Australie en 1998 et son fils Naveed Akram, né dans le pays il y a 24 ans, ont ouvert le feu le 14 décembre lors d’un rassemblement pour la fête juive de Hanouka sur la plage de Bondi.

D’innombrables foyers ont placé des bougies sur le rebord de leurs fenêtres, invités par les autorités à faire place à « la lumière contre les ténèbres ». « Nous sommes ici ensemble », a déclaré Roslyn Fishall, membre de la communauté juive de Sydney. « Tournez-vous vers des inconnus et prenez-les dans vos bras. Faisons la paix ensemble », a-t-elle lancé, depuis un mémorial improvisé sur la plage endeuillée de Bondi.

Les drapeaux ont été mis en berne à travers le pays, y compris sur le pont du port de Sydney. Un petit avion est passé au-dessus de la plage de Bondi traînant derrière lui un message de solidarité avec « notre communauté juive ».

« Le monde est avec nous »

« Il est toujours très difficile de comprendre ce qu’il s’est passé », a confié Leona Pemberton lors de la cérémonie commémorative sur la plage dimanche.

Au crépuscule, environ 20 000 personnes étaient réunies sur le rivage de la plage de Bondi, selon les organisateurs. « Bondi est avec nous, Sydney est avec nous, l’Australie est avec nous et le monde est avec nous", a déclaré le rabbin Yehoram Ulman avant de lire les noms des 15 victimes.

Des ambulanciers, des policiers et les parents des victimes ont ensuite été invités à allumer les branches d’un chandelier utilisé dans la tradition juive, la menorah.

Si la dernière génération d’Australiens avait grandi avec la conviction que les fusillades ne concernaient pas le pays, cette illusion s’est fracassée.

Selon les autorités, l’attentat dont sont suspectés le père, abattu sur place, et le fils, était motivé par l’idéologie du groupe djihadiste État islamique (EI).

Naveed Akram, grièvement blessé par la police, est hospitalisé sous forte surveillance policière et a été inculpé pour terrorisme et 15 meurtres.

Audit du renseignement

Le Premier ministre a annoncé dimanche avoir ordonné un audit de la police et du renseignement. « L’atrocité inspirée par l’EI dimanche dernier montre l’évolution rapide du contexte de sécurité dans notre pays », a-t-il déclaré. « Nos agences de sécurité doivent être en mesure d’y répondre. »

Naveed Akram avait été interrogé par le renseignement australien en 2019 pour potentielle radicalisation, mais les autorités ont jugé alors qu’il ne constituait pas une menace. Son père a également été interrogé, mais a obtenu un permis de port d’armes lui permettant de posséder six fusils.

Le gouvernement a annoncé un renforcement des lois contre l’extrémisme et sur la détention d’armes.

La tuerie a plus globalement forcé le pays à remettre en question sa politique de lutte contre l’antisémitisme, et à constater son échec à protéger les juifs australiens.

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